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Comprendre la procédure d’inspection visuelle

Comprendre la procédure d’inspection visuelle

Par Capt. Joe Coleman

Ce n’est pas aussi simple que d’enlever le robinet et de jeter un coup d’œil à l’intérieur de la bouteille…

En tant que propriétaires de bouteille de plongée, nous devons réaliser une inspection visuelle tous les 12 mois (généralement parce que lors d’un remplissage, un employé du magasin remarque que la bouteille a dépassé la date d’inspection).

C’est peut-être quelque chose à quoi nous pensons rarement, mais c’est une partie importante pour rester un plongeur sûr.

Nous allons décomposer le processus d’inspection visuelle, parler des trois différents types de certifications d’inspection visuelle et de la façon dont leur méconnaissance pourrait vous affecter.

La procédure d‘inspection 

Le technicien commence l’inspection à l’extérieur de la bouteille, avant même que la vanne ne soit enlevée.  Il commencera par examiner les marques réglementaires sur la bouteille.

  • Quelle est la date de fabrication de la bouteille ? (C’est important pour les bouteilles en aluminium d’un certain âge)
  • Qu’est-ce que la licence de réglementation DOT ou TC pour la bouteille ?
  • Quelle est la pression de travail ?
  • Le réservoir a-t-il la date d’essai hydrostatique estampillée sur le col ?

Ce sont toutes des questions importantes auxquelles le technicien doit répondre avant le début de l’inspection.

Avec ces réponses, l’inspection commence sérieusement.

Toujours à l’extérieur du réservoir, le technicien cherchera des signes évidents de rouille, de corrosion (surtout sous le culot de protection du réservoir, s’il en est équipé) et des dommages causés par les chutes ou les brûlures.

Ensuite, le technicien, avec un bord droit, devrait vérifier si le réservoir a pris une forme de « banane » ; au fil du temps, les réservoirs en aluminium peuvent prendre une forme de banane très légère.

Croyez-le ou non, une certaine déformation en « banane » est permise.

Entrer dans la bouteille 

Ensuite, le technicien va enlever le robinet, et c’est là où le vrai plaisir commence !

Souvent, la première chose qui arrive est un test de reniflement. Oui, nous sentons l’intérieur de votre réservoir.  Le technicien sentira tout ce qui peut être « anormal » ; l’odeur de la vie marine morte pourrait signifier l’intrusion d’eau, l’odeur des hydrocarbures ou une odeur brûlée pourrait indiquer un remplissage précédent d’un compresseur avec des segments de piston défaillants ou un mauvais filtre.

Ce sont des choses que vous, le propriétaire du réservoir, devriez savoir. L’inspecteur vérifiera également le robinet du réservoir, afin de déterminer s’il a besoin d’une maintenance ou d’un nettoyage.

Une fois que le cylindre passe le test de reniflement, le technicien passera à une inspection détaillée des filets sur le col du cylindre.

Le technicien utilisera un petit dispositif périscope éclairé, pour magnifier et examiner de près chaque filet. Les mauvais filets, ou plus spécifiquement, les fissures dans le col du réservoir entre les filets, sont responsables de la majorité des défauts d’inspection visuelle.

Les fissures dans le col peuvent être causées par de légères irrégularités congénitales qui peuvent ne pas se montrer pendant plusieurs années, ou, certains techniciens argumentent plus souvent, par le sur-gonflage chronique qui conduit à la « fissuration par surcharge soutenue », ou SLC.

Des années de gonflage à 235 bar par votre magasin de plongée local (dans un réservoir en aluminium) peut augmenter un peu votre temps de fond, ou offrir plus de marge de sécurité, mais ils ne le font pas en faveurs de vos bouteilles !

Vérification de la rouille 

Si les filets sont bons, le technicien va maintenant regarder de plus près l’intérieur du réservoir, avec une longue lumière LED flexible.

Le technicien est à la recherche principalement d’oxyde de fer dans les réservoirs d’acier et d’oxyde d’aluminium dans les réservoirs d’aluminium.

L’oxyde de fer est, bien sûr, plus communément connu sous le nom de rouille.

L’oxyde d’aluminium est tout simplement le genre de « rouille » qui se forme sur l’aluminium, et il a un aspect blanc, un peu crayeux.

Une trop grande partie de l’un ou l’autre de ces éléments peut signifier que votre réservoir a besoin d’un décapage.

Le réservoir sera alors partiellement rempli de matériau abrasif pour sabler l’oxyde fer ou l’oxyde d’aluminium.

Alternativement, le technicien pourra fouetter le réservoir. Un fouet est une longue tige d’aluminium avec de longs brins de câble abrasif sur une extrémité. La tige se fixe à une perceuse, et le fouet est déplacé de haut en bas à l’intérieur du cylindre pour enlever les traces d’oxydations.

Si le réservoir doit être sablé ou fouetté, il est ensuite rincé et séché.

Une note sur les types d’aluminium 

Les réservoirs d’aluminium fabriqués avant 1989 étaient produits à partir d’un alliage d’aluminium connu sous le nom de « aluminium 6351 ».  Après 1988, l’industrie a changé pour un alliage d’aluminium différent, appelé « aluminium 6061 ».

L’alliage « 6351 » a présenté quelques problèmes de type SLC après des années d’utilisation, à tel point qu’il a incité l’industrie des bouteilles de plongée à changer pour le nouvel alliage « 6061 ».

Beaucoup de magasins vous diront qu’ils ne peuvent pas remplir les vieux cylindres en « aluminium 6351 », mais ce n’est pas toute la vérité sur cette question. Même s’il n’y a pas de fissures visibles dans les filets du réservoir, qui sont facilement visibles avec l’outil Optical Plus, des fissures peuvent se développer juste sous la surface.

Un testeur à courant de remous est introduit dans le réservoir et envoie le courant électrique à travers les filets pour détecter les fissures qui sont invisibles à l’œil sous la surface, même à l’aide du grossissement. La machine « visual Plus eddy current » est l’outil le plus couramment utilisé.

Les réservoirs en alliage « 6351 » doivent subir un test de courant de remous à chaque inspection, et certains magasins effectuent même ce test sur toutes les inspections visuelles.

Vous ne pouvez jamais être trop en sécurité quand il s’agit de bouteilles de plongée sous-marine.

Si vous êtes un plongeur à air uniquement, félicitations !  Votre réservoir, après avoir passé son inspection visuelle, est rempli d’air et est prêt à plonger.

Mais si vous êtes un plongeur Nitrox, votre réservoir peut subir un autre niveau d’examen, selon le magasin de plongée qui effectue l’inspection.

C’est le moment où les choses deviennent un peu plus compliquées, et, si vous êtes un plongeur Nitrox, ou si vous envisagez de devenir certifié Nitrox, vous devez y prêter une attention particulière.

Il existe de multiples façons de créer du Nitrox. Les deux plus communs sont les tampons de Nitrox et le remplissage par pressions partielles. Nous allons discuter de la différence et des implications pour votre autocollant d’inspection visuelle.

Tampons Nitrox

Cette forme de Nitrox est achetée par les magasins de plongée auprès de fournisseurs de gaz industriels dans de grandes bouteilles de  EAN 32, EAN 36 ou EAN 40.

C’est un moyen facile pour un magasin de plongée de vendre du Nitrox.

Aucun équipement spécial n’est nécessaire, à l’exception d’un booster, qui aide à déplacer le gaz de la grande bouteille à votre cylindre.

Si vous commandez des remplissages de Nitrox dans votre boutique de plongée locale, et qu’ils vous demandent si vous voulez 32 ou 40, il est probable que ce soit la méthode qu’ils utilisent.

Mélange par pressions partielles 

Cette méthode est plus compliquée, nécessite plus d’équipement, et exige un niveau d’examen d’inspection visuelle plus élevé que celui mentionné précédemment.

Dans ce processus, le client peut commander n’importe quel pourcentage de Nitrox.

Vous voulez un Nitrox 35.7 ? … aucun problème !

Dans le mélange par pression partielle, votre cylindre vide est d’abord rempli d’une certaine quantité d’oxygène à 100%, puis est complété d’air compatible avec l’oxygène, ou « OCA », pour créer un mélange avec un pourcentage particulier de Nitrox.

Par exemple, un Nitrox 32 est créé (dans un réservoir 3000psi) en remplissant le réservoir vide de 418psi d’oxygène pur, puis en complétant jusqu’à 3000psi par de l’air « OCA ».

Le mélange par pressions partielles donne à un magasin de plongée la flexibilité de créer un mélange Nitrox à n’importe quel pourcentage selon la demande du client.

Les magasins qui enseignent la plongée technique et offrent des remplissages techniques utilisent presque invariablement cette méthode.

Mais c’est là que certains problèmes peuvent apparaître lors du remplissage par pressions partielles d’une bouteille.

Ce cylindre doit d’abord être propre pour l’utilisation d’O2.  Cela signifie que tout matériau potentiellement inflammable doit être nettoyé du réservoir et du robinet.

De nombreux réservoirs utilisent des joints thoriques en caoutchouc (Buna, ou nitrile) et de la graisse de silicone, qui sont tous deux inflammables.

Mélanger 100% d’oxygène avec une haute pression, une température élevée (lié au processus de remplissage) et des matériaux inflammables est une recette pour le désastre.

Entrez juste  » dive shop exploding » dans Google et vous verrez ce que je veux dire.

Pour vérifier s’il y a des matières inflammables dans le réservoir, le technicien utilisera une lumière UV dans le réservoir. Tout matériau organique ou inflammable brillera vert vif, ce qui indique la nécessité d’un nettoyage pour l’utilisation d’oxygène.

Retour au gaz contenu 

En revanche, tout mélange de gaz avec une FO2 inférieur à 40% est selon la « Compressed Gas Association » sans risques d’explosion en présence de graisse de silicone ou de joints thoriques en caoutchouc.

Ainsi, la boutique qui utilise des tampons Nitrox n’a pas à prendre des mesures spéciales pour assurer la sécurité.

Tout cela pour dire qu’aucune méthode n’est meilleure que l’autre, et l’une ou l’autre peut avoir un sens, selon l’emplacement de la boutique de plongée.

Pour un magasin de plongée sur une île où toutes les plongées sont sur un récif de 6 mètres de profondeur ou sur une épave de 30 mètres, il n’y a vraiment aucune raison de vendre autre chose que l’air et du Nitrox 32.

Tous les autocollants d’inspection visuelle n’ont pas la même valeur 

J’ai travaillé dans l’industrie de la plongée pendant près de 25 ans, et j’ai vu cela se produire mille fois.

Je travaille au Dive Shop A, et nous sommes un magasin qui utilise les pressions partielles pour nos Nitrox. Un client entre pour un gonflage Nitrox.  Il ou elle est un client régulier du Dive Shop B, qui vend le Nitrox en tampons et a effectué la dernière inspection visuelle sur le réservoir de ce client.

Je ne peux pas remplir le réservoir de ce client avec du Nitrox. Pourquoi ?

Parce que l’inspection visuelle a été effectuée par un magasin qui certifie seulement les réservoirs à 40% pour du Nitrox pré-mélangé, et j’utilise de l’Oxygène à 100% pour mélanger mon Nitrox.

Ce réservoir a probablement des joints toriques en caoutchouc et de la graisse de silicone sur le robinet.

Sauf si je veux risquer de faire sauter mon magasin, je ne peux pas remplir son réservoir, à moins qu’il ne veuille faire inspecter visuellement le réservoir et le nettoyer pour l’usage d’Oxygène, ce qui signifie plus de temps et d’argent pour le client.

Tout ce qu’il voulait, c’était un remplissage de réservoir. Il peut être frustrant de rencontrer cela en tant que client. C’est pourquoi il est important de reconnaître la différence entre les autocollants d’inspection visuelle.

Il existe trois types de niveaux de certification d’inspection visuelle des bouteilles de plongée sous-marine

  1. Service Air uniquement est assez explicite.
  2. Nitrox jusqu’à 40% signifie que vous pouvez obtenir des remplissages d’air, ou de Nitrox pré-mixé jusqu’à 40%.
  3. Nettoyé pour le Service Oxygène signifie que vous pouvez utiliser de l’Oxygène jusqu’à 100%, avec la certification de plongée tech appropriée.

Mais devinez quoi ?

Voici un autre problème, si vous réalisez le remplissage à l’air de votre bouteille « propre pour l’oxygène ».

L’air devrait être OCA, ou l’Air Compatible avec l’Oxygène.

C’est de l’air qui a été fortement filtré, généralement avec une série supplémentaire de filtres hyper-propres sur le compresseur de la boutique.

Si vous remplissez un réservoir « propre pour l’oxygène » avec de l’air non-OCA, ce n’est certainement pas la fin du monde, vous risquez juste d’avoir à nouveau à nettoyer votre bouteille pour le « Service Oxygène ».

L’air OCA n’est certainement pas universellement disponible, il n’est donc pas rare d’avoir à prendre ce petit risque lors de plongées hors de votre ville ou sur la route.

En résumé, pour vous qui êtes propriétaire des bouteilles

En tant que plongeurs, beaucoup d’entre nous sont des créatures d’habitude.

Nous avons le magasin de plongée local auquel nous sommes fidèles qui remplit nos bouteilles.

C’est lorsque vous plongez et voyagez avec vos bouteilles, ou si votre magasin de plongée local est fermé et que vous avez besoin d’un remplissage de dernière minute, que les problèmes avec le mauvais niveau de certification visuelle peuvent survenir.

Si vous avez besoin d’obtenir un remplissage Nitrox dans un magasin autre que le magasin qui a inspecté votre réservoir, assurez-vous juste que votre niveau d’inspection visuelle fonctionnera avec l’atelier de plongée qui remplira vos bouteilles lorsque vous ferez votre séjour, ou ce week-end de plongée road-trip sur la côte.

Un peu d’anticipation peut sauver votre voyage de plongée et vous éviter des retards et des dépenses supplémentaires.

Article traduit du blog SDI

https://www.tdisdi.com/sdi-diver-news/understanding-the-visual-inspection-process/